Depuis le 21 juin 2026, les infirmiers libéraux doivent composer avec de nouvelles règles de cotation des pansements. D’ici quelques mois, une autre mesure très attendue entrera en vigueur : la revalorisation de l’AMI et de l’AMX. Deux évolutions importantes qui nécessitent une attention particulière afin de sécuriser la facturation et d’éviter les rejets.
L’année 2026 restera une année charnière pour la profession infirmière. Après plusieurs années de négociations, l’avenant 11 à la convention nationale des infirmiers libéraux commence à produire ses effets avec des mesures concrètes qui modifient progressivement la pratique quotidienne.
Si certaines dispositions concernent l’organisation des soins, d’autres impactent directement la facturation des actes. C’est notamment le cas des nouvelles cotations des pansements, applicables depuis le 21 juin 2026 et de la revalorisation de la lettre-clé AMI, prévue à compter du 7 novembre 2026.
Pansements : une nomenclature plus précise
L’objectif de cette réforme est simple : adapter davantage la nomenclature à la réalité des soins réalisés par les infirmiers libéraux.
L’ancien acte générique « Autre pansement » coté AMI 2 disparaît au profit d’actes spécifiquement identifiés selon la nature de la plaie.
Depuis le 21 juin 2026, on distingue notamment :
- AMI 2,02 : Pansement de plaie non chirurgicale (ulcère, escarre, plaie chronique ou plaie aiguë non chirurgicale) ;
- AMI 2,02 : Pansement de plaie chirurgicale simple.
Si l’évolution financière est limitée (0,02 coefficient supplémentaire), cette modification répond avant tout à une volonté de mieux identifier les soins réalisés et de préparer les futures évolutions de la profession.
Une prescription « jusqu’à cicatrisation » désormais mieux encadrée
Autre nouveauté importante : la prescription comportant la mention « jusqu’à cicatrisation ».
Désormais, cette formulation est recevable sans date de fin, à condition que la durée totale de prise en charge n’excède pas trois mois.
Au-delà, une nouvelle prescription devra être établie par le médecin.
Cette évolution est particulièrement appréciée pour le suivi des plaies chroniques, tout en garantissant un cadre réglementaire précis.
Des erreurs qui peuvent coûter cher
Comme lors de toute évolution réglementaire, les premières semaines révèlent déjà plusieurs erreurs de facturation récurrentes :
- utilisation de l’ancienne cotation AMI 2 ;
- mauvais choix du libellé du pansement ;
- poursuite des soins au-delà des trois mois sans nouvelle prescription ;
- oubli de certaines majorations associées ;
- télétransmission sans contrôle préalable des pièces justificatives.
Ces situations peuvent entraîner des rejets de paiement, des demandes de régularisation ou des retards de remboursement parfois importants.
Une vigilance particulière reste donc indispensable.
Une revalorisation attendue après 17 ans
L’autre grande évolution de cette fin d’année concerne la rémunération des actes infirmiers.
À compter du 7 novembre 2026, la valeur de la lettre-clé AMI passera de 3,15 € à 3,35 €, soit une augmentation de 0,20 € par coefficient (+6,3 %).
Une seconde revalorisation est d’ores et déjà programmée au 1er novembre 2027, portant la valeur de l’AMI à 3,45 €.
Cette mesure constitue une reconnaissance attendue par toute la profession, l’AMI n’ayant plus été revalorisé depuis 2009.
Quel impact pour les cabinets infirmiers ?
Si l’augmentation peut sembler modeste à première vue, ses effets deviennent rapidement significatifs lorsqu’elle est appliquée à l’ensemble de l’activité d’un cabinet.
À titre d’exemple :
| Acte | Jusqu’au 6 novembre 2026 | À partir du 7 novembre 2026 |
|---|---|---|
| AMI 1 | 3,15 € | 3,35 € |
| AMI 2 | 6,30 € | 6,70 € |
| AMI 4 | 12,60 € | 13,40 € |
| AMI 5 | 15,75 € | 16,75 € |
Pour un infirmier réalisant environ 20 actes AMI par jour, cette revalorisation représente près de 100 € supplémentaires par mois, soit environ 1 200 € par an, selon son activité.
Encore faut-il que les logiciels de facturation soient correctement paramétrés et que les nouvelles cotations soient appliquées sans erreur.
La facturation, un enjeu plus stratégique que jamais
Les évolutions de la NGAP rappellent que la facturation ne se limite plus à la simple saisie des actes.
Chaque modification réglementaire implique une veille constante, une parfaite connaissance des textes et une vérification rigoureuse avant chaque télétransmission.
Une cotation erronée, une prescription incomplète ou un logiciel non actualisé peuvent suffire à générer un rejet ou un retard de paiement.
C’est pourquoi de plus en plus d’infirmiers libéraux choisissent de déléguer cette partie administrative afin de sécuriser leurs revenus tout en se consacrant pleinement à leurs patients.
Anticiper pour mieux sécuriser sa facturation
L’avenant 11 poursuit son déploiement et d’autres mesures entreront progressivement en vigueur dans les prochains mois.
Dans ce contexte, rester informé est indispensable, mais cela ne suffit pas toujours.
Une facturation conforme, des dossiers vérifiés en amont et une veille réglementaire régulière permettent non seulement de limiter les rejets, mais aussi de bénéficier pleinement des évolutions prévues par la convention nationale.
Chez GcV – Facturière IDEL, j’accompagne les infirmiers libéraux dans cette démarche en assurant une veille permanente de la réglementation, le contrôle des cotations et la sécurisation de leur facturation, afin qu’ils puissent exercer leur métier en toute sérénité.



